Oui à « l’assistance au suicide », mais…

Le 17 juin prochain, les vaudois sont appelés à se prononcer sur un sujet délicat, qui peut toucher chacun d’entre nous : l’Assistance au suicide.

« Dans un arrêt du 3 novembre 2006, le Tribunal Fédéral a confirmé que chaque être humain capable de discernement a le droit garanti par la Constitution et la Convention européenne des droits de l’homme (CEDH) de décider de la manière et du moment de sa propre mort. Ce droit de décision appartient au droit à l’autodétermination au sens de l’article 8 chiffre 1 CEDH et ceci aussi longtemps que la personne concernée est en situation de faire librement son choix et d’agir conformément à sa volonté. » Exit

 

Pouvoir choisir les dernières lignes de son histoire ; pouvoir quitter ses proches dans des conditions dignes et sans souffrance … L’aide au suicide est une liberté individuelle essentielle de l’homme ; la volonté de chacun doit être respectée et défendue.

Aujourd’hui, il n’y a pas de texte de loi sur la pratique. Il est nécessaire d’avoir un cadre légal clair et approuvé par le plus grand nombre afin que les droits de chacun soient garantis.

 

L’initiative d’Exit propose que « les Etablissements Médico-Sociaux (EMS) qui bénéficient de subventions publiques doivent accepter la tenue d’une assistance au suicide dans leur établissement … »  sans toutefois poser de condition à la pratique. La vieillesse ou la simple lassitude passagère pourraient donc suffire à demander une aide pour mettre fin à ses jours. Malgré le fait que, pour faire appel à l’association des initiants, il faille « être atteint d’une maladie incurable, avec un pronostic fatal ou une invalidité complète » ; la possibilité que d’autres organismes moins regardants proposent les mêmes aides n’est pas à exclure.

 

Le contre-projet lui propose, non seulement d’étendre la pratique à tout établissement sanitaire reconnu d’intérêt public (EMS, CHUV…), mais pose également des garde-fous. Il serait nécessaire de s’assurer que le patient possède bien sa capacité de discernement, persiste dans sa volonté de se suicider et souffre d’une maladie ou de séquelles d’accident, graves et incurables. Une discussion sur les alternatives et les soins palliatifs serait également obligatoire. Quand on sait que l’aide au suicide est, dans un certain nombre de cas, l’expression d’une détresse profonde, un appel à l’aide, on ne peut nier l’importance d’une échange préalable.

Le contre-projet s’assure également de la protection des équipes soignantes et de leurs mœurs à travers deux mesures :

- Si le patient dispose d’un logement extérieur et si le transport est raisonnablement exigible, alors le médecin responsable peut refuser que l’assistance au suicide se déroule dans son établissement.

- Le personnel de l’établissement et le médecin responsable ne pourraient participer, à titre professionnel, à la procédure de mise en œuvre d’une assistance au suicide. Ce qui n’obligerait donc pas le personnel à agir contre sa conscience, tout en leur offrant la possibilité d’accompagner le patient à titre privé.

 

L’aide au suicide et l’autodétermination sont des droits à défendre à tout prix. Cependant il est nécessaire de s’assurer de la réelle volonté des demandeurs. C’est pourquoi, je vais choisir de voter NON à l’initiative, OUI au contre-projet, et préférer l’application de ce dernier en cas de double acceptation. Et je vous invite à en faire de même.

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