J’ai longuement hésité avant de me déterminer sur l’initiative pour l’interdiction de se dissimuler le visage. Il ne faut pas se le cacher, la volonté du comité d’Egerkingen est clairement islamophobe et il n’y a pas une once de féminisme chez les initiants. Cependant, une initiative n’appartient plus à ses auteurs dès le moment où elle est soumise au peuple. Il faut donc la juger uniquement pour son contenu.
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J’estime que pour vivre en société, il est nécessaire de montrer son identité et son visage. Le port du masque, actuellement indispensable, enlève déjà un peu de cette « humanité » à nos rencontres. La burqa et le niqab sont, pour moi, une négation de l’identité et de la personnalité.
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De plus, le fait que ce vêtement ne soit porté que par les femmes donne une image qui n’est pas en adéquation avec la place de la femme dans notre société, c’est à dire la même que celle de l’homme. Certes, cela peut être une volonté propre de le porter mais si cet habit est le résultat de centaines d’années de conditionnement du « patriarcat », est-ce réellement un libre choix ? Le fait que des femmes de droite et de gauche, comme Jacqueline de Quattro ou Géraldine Savary, se positionnent en faveur de l’initiative me font pencher dans leur sens.
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Alors certes, l’initiative ne toucherait qu’une vingtaine de personnes en Suisse mais si cela pouvait libérer, ne serait-ce qu’une femme de la contrainte, alors le but serait atteint.
Je suis également sensible aux propos de Saïda Keller-Messahli lors de l’émission d’Infrarouge du 10 février dernier ; l’acceptation de ce texte pourrait être un signal d’espoir envoyé aux populations qui se battent contre cette forme d’extrémisme religieux. Nos sociétés sont loin d’être parfaites mais elles peuvent servir de modèle.
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Dernier point, je ne pense pas qu’une acceptation de l’initiative serait ressentie comme une attaque contre les musulmans de Suisse. Elle ne vise qu’une pratique particulière qui n’est pas représentative de ce qu’est l’islam.
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Ce sera donc pour moi un OUI mûrement réfléchi.